💌 Les emails privés d'Armelle

 

Les subalternes peuvent-elles parler ?

Voici, pour la première fois en français dans une traduction rigoureuse, accessible à un large public, un des textes de la critique contemporaine et des études postcoloniales les plus discutés dans le monde depuis vingt-cinq ans. Texte problématique et polémique, il a démontré depuis sa première publication, par le nombre de commentaires, de critiques et de recherches qu’il n’a pas cessé de susciter, une productivité peu commune, qui n’a d’égale peut-être dans son domaine que celle des écrits d’Edward Said et de Homi Bhabha.

 

De la marge au centre : Théorie féministe

Dans «De la marge au centre. Théorie féministe», son deuxième essai paru en 1984, Bell Hooks poursuit la réflexion entamée dans «Ne suis-je pas une femme?» Elle s’intéresse cette fois-ci aux succès et aux manquements des mouvements féministes des années 1900 à 1980, qui selon elle ont échoué à créer un féminisme de masse qui s’adresse à toutes les femmes. Bell Hooks nous offre un livre coup de poing dans lequel elle pousse les réflexions dans leurs retranchements, tout en préservant un style d’écriture accessible. Elle bouleverse les représentations habituelles de la pensée féministe majoritaire en mettant sur le devant de la scène les femmes noires et/ou les femmes des milieux populaires, en insistant sur le besoin profond d’une approche révolutionnaire du féminisme.

 

La condition noire: Essai sur une minorité française

Exploits des sportifs de haut niveau, émeutes en banlieue, lutte contre le racisme et les discriminations, mouvement associatif : depuis une dizaine d’années, les Noirs vivant en France métropolitaine sont apparus si visiblement sur la scène publique nationale qu’on peut parler aujourd’hui d’une  » question noire  » française. Cet essai dense et limpide décrit et analyse, du XVIIIe siècle à nos jours, le passé et le présent d’une minorité française. Car la  » condition noire  » désigne une situation sociale qui n’est pas celle d’une classe, d’une caste ou d’une communauté, mais celle d’une minorité, c’est-à-dire d’un groupe de personnes ayant en partage l’expérience sociale d’être considérées comme noires. L’ouvrage de Pap Ndiaye est d’ores et déjà considéré comme le travail fondateur des black studies à la française.

 

Masculinités : Enjeux sociaux de l’hégémonie

Le champ d’étude des masculinités, qui existe depuis près de trente ans dans les pays anglo-saxons, connait un intérêt nouveau en France ces dernières années. Raewyn Connell, sociologue australienne, en est l’une des principales figures depuis le milieu des années 1980. C’est dans Masculinities, son ouvrage le plus connu, que Connell formalise en profondeur son concept-clé de masculinité hégémonique, qui désigne « la configuration des pratiques de genre visant à assurer la perpétuation du patriarcat et la domination des hommes sur les femmes ». Au début de l’ouvrage, Meoïn Hagège et Arthur Vuattoux reviennent sur la genèse de ce concept, son évolution, et sa place dans les études de genre. Son impact est non négligeable : c’est à partir de celui-ci que va se construire une réflexion sur les masculinités au sein des études de genre.

 

Z.Ali : Féminismes islamiques

Féminismes islamiques : un titre qui en fera sursauter beaucoup, y compris parmi celles et ceux qui se pensent à l’abri de tout préjugé. C’est que le stéréotype « islam =oppression de la femme » croise partout comme un sous-marin, tantôt en surface et pavillon haut, tantôt dans les profondeurs de l’inconscient. Ce que montre ce livre, le plus souvent on ne le sait pas : que dans les pays où l’islam est la religion dominante, des croyantes puissent lutter pour l’égalité, retourner les textes sacrés contre le patriarcat, s’élever contre les autorités politiques et religieuses qui bafouent les droits des femmes. De l’Egypte à l’Iran, du Maroc à la Syrie, en France, aux Etats-Unis et jusqu’en Malaisie, des intellectuelles, des chercheuses et des militantes sont engagées dans une démarche féministe à l’intérieur du monde religieux musulman. Zahra Ali nous fait entendre leurs voix et propose ainsi de décoloniser le féminisme hégémonique.

 

Peau : A propos de sexe, de classe et de littérature

« Activiste féministe lesbienne radicale depuis les années 1970, Dorothy Allison a connu le succès avec ses romans (L’Histoire de Bone, Retour à Cayro). En 1994, elle publie Peau, un recueil d’essais. Elle y parle de son enfance, d’inceste, de lesbophobie. Elle raconte son engagement féministe, sa sexualité, les «Sex Wars» des années 1980. Elle partage ses réflexions sur la littérature : comment écrire l’extrême misère sociale, comment écrire sur le sexe ? Un livre tout à la fois intime, décapant et profondément politique, réédité avec sept textes inédits en français ».

 

L’Ombre du monde. Une anthropologie de la condition carcérale

Que nous dit du monde contemporain la prison, qui en est devenue la peine de référence ? Pour tenter de répondre à cette question, Didier Fassin a conduit au long de quatre années une enquête dans une maison d’arrêt. Analysant l’ordinaire de la condition carcérale, il montre comment la généralisation de l’enfermement a renforcé les inégalités socio-raciales et comment les avancées des droits se heurtent aux logiques d’ordre et aux pratiques sécuritaires. Mais il analyse aussi les attentions et les accommodements du personnel pénitentiaire, les souffrances et les micro-résistances des détenus, la manière dont la vie au dedans est traversée par la vie du dehors. La prison apparaît ainsi comme à la fois le reflet de la société et le miroir dans lequel elle se réfléchit. Plutôt que l’envers du monde social, elle en est l’inquiétante ombre portée.

 

Pensée et politique dans le monde arabe

Georges Corm raconte la complexité de la pensée arabe depuis le XIXe siècle, exposée ici de façon claire et exhaustive. Un livre qui complète utilement son travail majeur sur le monde arabe contemporain, Le Proche-Orient éclaté. Un retour à la paix dans cette région tourmentée dépend largement de la reconnaissance de la puissante dynamique de cette pensée, critique et profane, loin de l’image sclérosée qui en est souvent donnée. Cet ouvrage expose les multiples facettes de la pensée politique arabe depuis le XIXe siècle, attestant la vitalité de cette pensée et des grandes controverses qui l’ont traversée. Il montre que ses acteurs, loin d’être figés dans le carcan théologico-politique décrit par certains récits canoniques sur les Arabes et l’islam, ont souvent exprimé une pensée critique forte, sur les plans religieux et philosophique, anthropologique et politique.

 

De la question sociale à la question raciale ?

On n’ignorait pas le racisme, mais on découvre combien les discriminations raciales, dans l’emploi, le logement et à l’école, face à la police et à la justice, structurent des inégalités sociales. Un passionnant collectif d’auteurs, à l’heure des nombreux débats sur les statistiques ethniques. Faut-il donc parler de races, ou pas ? Comment nommer ces réalités sans stigmatiser les groupes qu’elles désignent ? Doit-on se réjouir que les discriminations raciales soient enfin révélées, ou bien se méfier d’un consensus trompeur qui occulterait des inégalités économiques ? D’ailleurs, en a-t-on vraiment fini avec le déni du racisme ?  Les études réunies dans ce livre composent un éloge de la complexité, autour d’un engagement problématisé : comment articuler, plutôt que d’opposer, question sociale et question raciale ? Une nouvelle préface vient confirmer les déplacements repérés trois ans plus tôt : l’émergence d’une  » question raciale  » – et plus seulement  » raciste  » – ou  » immigrée « , qui croise la  » question sociale  » sans s’y réduire, interroge désormais l’ensemble des paradigmes qui sous-tendent les représentations de la société française.

 

La Double Absence. Des illusions de l’émigré aux souffrances de l’immigré

L’émigration et l’immigration sont deux phénomènes aussi indissociables que le recto et le verso de la même feuille et pourtant très différents en apparence, au point qu’on croit pouvoir comprendre l’un sans connaître l’autre. Abdelmalek Sayad dévoile les contradictions inscrites dans la condition d’immigré : absent de sa famille, de son village, de son pays, et frappé d’une sorte de culpabilité inexpiable, mais tout aussi absent, du fait de l’exclusion dont il est victime, du pays d’arrivée, qui le traite comme simple force de travail. Autant de choses qui ne sont pas seulement dites dans le langage habituel de la littérature critique, mais également dans la langue que les immigrés emploient eux-mêmes pour faire part avec beaucoup d’intensité et de justesse de leur propre expérience.

 

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