💌 Les emails privés d'Armelle

 

Défaire le genre

Ce livre s’inscrit dans une démarche indissociablement théorique et pratique : il s’agit, en s’appuyant sur les théories féministe et queer, de faire la genèse de la production du genre et de travailler à défaire l’emprise des formes de normalisation qui rendent certaines vies invivables, ou difficilement vivables, en les excluant du domaine du possible et du pensable par cette critique des normes qui gouvernent le genre avec plus ou moins de succès, il s’agit de dégager les conditions de la perpétuation ou de la production de formes de vie plus vivables, plus désirables et moins soumises à la violence. Judith Butler s’attache notamment à mettre en évidence les contradictions auxquelles sont confrontés ceux et celles qui s’efforcent de penser et transformer le genre. Sans prétendre toujours dépasser ces contradictions, elle suggère la possibilité de les traiter politiquement.

 

La réification du désir : Vers un marxisme queer

Dans La Réification du désir, Kevin Floyd se propose d’enfin réconcilier marxisme et théorie queer. Faisant dialoguer Butler et Foucault avec Lukacs et Marx, il invite les apports critiques de la théorie queer dans un champ marxien qui a souvent mis de côté les questions « culturelles » de sexualité et de genre, et, dans le même mouvement, tente de « matérialiser » des Queer studies qui semblent parfois opérer hors de toute détermination historique. Des textes de Herbert Marcuse à ceux de Fredric Jameson en passant par le film Midnight Cowboy ou les mémoires de David Wojnarowicz, rédigés au moment de l’apparition du sida et de l’émergence du néolibéralisme, Kevin Floyd croise les références pour montrer que pour faire l’histoire du capitalisme et de l’industrialisation, on ne peut faire l’économie de l’histoire des sexualités et des rapports de genre et inversement.

 

Surveiller et jouir : Anthropologie politique du sexe

Chérir, plutôt qu’éradiquer la diversité des pratiques sexuelles, tel est le programme d’une théorie politique radicale de la sexualité selon Gayle Rubin. Sa mise en oeuvre s’est heurtée à la volonté permanente d’imposer une bonne sexualité : hétérosexuelle, monogame, conjugale, gratuite, intragénérationnelle, génitale, à deux, procréative, sans sex toys ni usage de pornographie. Gayle Rubin, féministe et lesbienne militante, est ainsi devenue la cible de la droite états-unienne comme de pans entiers des mouvements féministes et lesbiens. Écrivant sous forme d’articles clairs et décisifs, elle a ouvert la voie au développement d’outils d’analyse spécifiques pour comprendre les oppressions matérielles et symboliques subies par les hors-la-loi du sexe et a contribué à la fondation de la théorie féministe, des études de genre et de la théorie queer. Les réflexions de Michel Foucault sur l’éthique du sadomasochisme masculin se trouvent ici éclairées par celte qu’il appelle « notre amie Gayle Rubin »

 

Réflexions sur la question gay

« Au commencement, il y a l’injure. » La première phrase de cet ouvrage constitue le point de départ d’un ensemble de réflexions qui renouvellent l’approche de l’assujettissement et de la domination. Il s’agit d’insister sur la force du langage et de la stigmatisation. Mais aussi de réinscrire la violence des mots qui blessent dans une théorie générale de l’ordre social et des mécanismes de sa reproduction. Trois grandes parties se succèdent alors. D’abord, une « anthropologie sociale » de l’expérience vécue. Ensuite une analyse historique de la dissidence littéraire et intellectuelle et de la prise de parole « homosexuelle », des hellénistes d’Oxford au milieu du XIXe siècle jusqu’à André Gide, en passant par Oscar Wilde et Marcel Proust. Enfin, une passionnante réinterprétation des évolutions de Michel Foucault dans sa pensée du pouvoir et de la résistance. Ce livre majeur, entièrement revu pour cette nouvelle édition, fournit plus que jamais des instruments à ceux qui veulent penser la différence et l’émancipation.

 

Se défendre

Des résistances esclaves au ju-jitsu des suffragistes, de l’insurrection du ghetto de Varsovie aux Black Panthers ou aux patrouilles queer, Elsa Dorlin retrace une généalogie de l’autodéfense politique. Sous l’histoire officielle de la légitime défense affleurent des  » éthiques martiales de soi « , pratiques ensevelies où le fait de se défendre en attaquant apparaît comme la condition de possibilité de sa survie comme de son devenir politique. Cette histoire de la violence éclaire la définition même de la subjectivité moderne, telle qu’elle est pensée dans et par les politiques de sécurité contemporaines, et implique une relecture critique de la philosophie politique, où Hobbes et Locke côtoient Frantz Fanon, Michel Foucault, Malcolm X, June Jordan ou Judith Butler.

 

La révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse

Anarchiste individualiste et défenseur acharné de la liberté sexuelle, E. Armand se livre, au beau milieu des années 1930, à un dynamitage systématique de la morale de son temps. Théoricien doucement délirant d’un droit à la jouissance pour tous, Armand en tire toutes les conséquences : contre le propriétarisme en amour, reste à expérimenter l’amour plural dans le cadre d’une camaraderie amoureuse égalitaire. Contre les logiques de concurrence qui tendent à convertir en marché l’espace des rencontres amoureuses, il appelle les lecteurs à former des sortes de coopératives sexuelles où corps et caresses s’échangeraient sous forme de troc généralisé. Une utopie affective et sexuelle dont la charge subversive demeure intacte, à l’heure d’une sexualité coincée entre marchandisation du sexe et sacralisation du couple.

 

Queer zones 

Publié pour la première fois en 2001, ce livre pionnier a permis l’ouverture d’un espace théorique et politique queer en France. Il s’agit d’une boîte à outils destinée aux activistes en quête de cultures et de politiques sexuelles qui ne soient pas (homo ou hétéro) normatives. Stimulants et provocants, les textes réunis dans ce recueil constituent également une introduction critique à la déconstruction des genres et aux travaux de Judith Butler et de Michel Foucault. Ils mettent de plus en évidence l’apport des subcultures trans, butch et SM à une réflexion plus large sur les relations entre pouvoir et savoir, ainsi que le formidable potentiel des sexualités dissidentes et la continuité politique entre féminisme pro-sexe et activisme queer. Cette nouvelle édition comprend trois essais inédits sur le  » devenir femme  » de Deleuze, l’utopie sexuelle urbaine de Gayle Rubin et la post-pornographieselon Annie Sprinkle.

 

Homo Inc.orporated

Réédition au format poche de cet ouvrage de Sam Bourcier dans lequel il poursuit la réflexion menée dans la trilogie des Queer Zones.Homo Inc.orporated est une critique biopolitique des politiques LGBT de l’égalité des droits et de leur compatibilité avec le néolibéralisme. Mariage, procréation, travail, patrie, les gays et les lesbiennes ont basculé dans la sphère de la reproduction et de la production en tant que tels. Que reste-t-il du sujet politique LGBT défini par le droit et le management de la diversité ? Pas grand chose. Raison pour laquelle les queers et les transféministes se mobilisent contre le néolibéralisme en faveur d’un agenda de redistribution économique et sociale plus large que la simple demande de reconnaissance et d’intégration. Iels proposent ce nouveau paradigme d’avenir pour toutes qu’est le genre comme travail, et de nouveaux moyens d’action comme la grève du genre.

 

Théories de la littérature: Système du genre et verdicts sexuels

Dans À la recherche du temps perdu, Proust développe une théorie de l’homosexualité, largement inspirée de la psychiatrie de l’époque. Or, non seulement elle ne s’applique pas à certains personnages dont on apprend qu’ils sont « homosexuels », mais Charlus lui-même ne cesse de tenir des propos qui la contredisent. La théorie est ainsi déconstruite au fur et à mesure qu’elle est construite. Il en va de même chez Genet, où l’on voit toutes les théorisations démenties par les pratiques réelles. Pourtant, cette instabilité générale de la théorie reste prise dans les cadres fixés par les normes et les notions obsessionnellement rappelées du « masculin » et du « féminin ». Il s’agit dès lors de comprendre comment les pratiques « subversives » et les discours « hérétiques » peuvent à la fois constituer d’importants « contre-discours » et « contre-conduites », tout en laissant intact le système du genre et de la sexualité, et donc en participant à sa perpétuation.

 

Dictionnaire des sexualités

Ce Dictionnaire, unique en son genre, aborde un sujet, certes bien connu, mais qui n’en continue pas moins de susciter beaucoup d’interrogations. Sa première originalité est de traiter des sexualités dans leur ensemble et sans tabou. Autrement dit, de prendre en compte les réalités d’aujourd’hui. Très longtemps, on a parlé de la sexualité au féminin singulier. La norme était celle de l’hétérosexualité. Mais on a assisté à la multiplication des identités reconnues dans ce domaine : lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, queers, intersexués. Tel est aujourd’hui l’univers  » des  » sexualités. L’autre singularité de cet ouvrage tient à la diversité de ses approches. Il montre comment l’évolution des pratiques sexuelles a été perçue selon les pays et les civilisations, les religions, les lois, les principales familles politiques, les grandes périodes de l’histoire.

 

La société comme verdict : Classes, identités, trajectoires

La société assigne des places. Elle énonce des verdicts, qui s’emparent de nous et marquent nos vies à tout jamais. Elle installe des frontières et hiérarchise les individus et les groupes. La tâche de la pensée est de porter au jour ces mécanismes d’infériorisation et la logique de la domination et de la reproduction sociales. C’est à un véritable renouvellement de l’analyse des classes, des trajectoires, des identités et du rôle central et ambivalent des institutions (notamment le système scolaire, le droit, la politique…) dans leur fabrication que nous convie Didier Eribon. Avec pour horizon l’idée que seule une démarche qui place au centre de ses préoccupations le problème des déterminismes par lesquels nos vies sont régies peut nous permettre d’ouvrir la voie à une politique de l’émancipation.

 

Homonationalisme : Politiques queer après le 11 Septembre

Dans le monde de l’après-11 Septembre, l’idéologie du « choc des civilisations » se combine à celle d’un « choc des sexualités ». Nous aurions d’un côté le monde occidental, tolérant et libéral, de l’autre le monde musulman, sexiste et homophobe. Une part non négligeable du mouvement gay états-unien, en quête d’intégration et de respectabilité, s’est ainsi engagée sur la voie d’une normalisation « homonationaliste » et soutient les guerres « contre le terrorisme ». Parallèlement, la réception américaine des images de torture d’Abu Ghraib met en évidence les difficultés du féminisme et de la pensée queer à penser les questions de race et d’impérialisme. C’est à l’analyse de cette intrication complexe entre politique des sexualités et projets impérialistes occidentaux, qui fait pendant à la question de l’instrumentalisation du discours féministe par des politiques racistes et impérialistes, qu’est consacré Homonationalisme.

 

Monique Wittig : La pensée straight

En 1978, Monique Wittig clôt sa conférence sur  » La Pensée straight » par ces mots: « Les lesbiennes ne sont pas des femmes. » L’onde de choc provoquée par cet énoncé n’en finit pas de se faire ressentir, aujourd’hui encore, dans la théorie féministe et au-delà. En analysant l’aspect fondateur de la  » naturalité  » supposée de l’hétérosexualité au sein de nos structures de pensées, que ce soit par exemple dans l’anthropologie structurale ou la psychanalyse, Monique Wittig met au jour le fait que l’hétérosexualité n’est ni naturelle, ni un donné: l’hétérosexualité est un régime politique. Il importe donc, pour instaurer la lutte des « classes », de dépasser les catégories  » hommes « / » femmes « , catégories normatives et aliénantes. Dans ces conditions, le fait d’être lesbienne, c’est – à – dire hors-la-loi de la structure hétérosexuelle, aussi bien sociale que conceptuelle, est comme une brèche, une fissure permettant enfin de penser ce qui est « toujours déjà là ».

 

 


💌 Les emails privés d'Armelle


Vous ne pouvez pas copier le contenu de cette page. Merci. Armelle