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Paul B. Preciado est un philosophe espagnol proche des mouvements féministe, queer, transgenre et pro-sexe, Preciado théorise notamment dans son œuvre l’abolition des différences entre les sexes, les genres et les sexualités.

Dans ses chroniques parues dans Libération, l’auteur témoigne de son expérience de changement de sexe et de son opposition à l’hétéronormativité. En faveur des droits des trans, il développe une approche politique révolutionnaire dépassant la seule question de la sexualité, s’interrogeant sur l’actualité, comme l’indépendance de la Catalogne et la résurgence du fascisme. Ses chroniques sont devenues un livre : Un appartement sur Uranus.

Par les temps qui courent

Le philosophe s’interroge sur la fabrication de la liberté, indépendante de l’identité et sur la nécessité de suivre le double processus de la thérapie politique et de l’émancipation cognitive. Il y critique le régime patriarcal et affirme qu’il faut protéger l’enfant de l’assignation de genre.

Les couilles sur la table

« Féminin » ou « masculin » ? Dès la naissance, il faut choisir. Comme si le monde se divisait en deux catégories : les hommes et les femmes. C’est oublier que le genre est une fiction, un discours biopolitique. C’est oublier, aussi, que l’identité n’est jamais une essence mais une construction. En tant qu’homme trans, Paul B. Preciado raconte son expérience de la masculinité dans un monde où « accéder à la masculinité revient à monter les échelons du système social et politique ». Faire une transition en tant qu’homme transgenre implique aussi de passer un « examen de masculinité » auprès des institutions : les juges, les médecins, la police.

Le philsophe explique comment la testostérone change son rapport au monde. Si cette hormone produit bien des effets physiques et psychologiques spécifiques – par exemple de rendre plus agressif – comment répondre à celles et ceux qui prétendent que cela justifierait ou expliquerait la violence masculine ? Il montre comment la masculinité peut être analysée comme une autorisation légitime à faire usage de la violence sur les corps vivants. Les agressions transphobes, le viol, mais aussi la destruction de la planète peuvent donc être pensés comme différents effets de la masculinité.

Paul B Préciado travaille à partir du corps, non comme objet anatomique mais comme archive politique vivante constituée d’un ensemble de représentations, et qui fait de sa vie une plateforme d’expérimentations philosophiques.

Le Goût de M

Le philosophe et essayiste évoque son enfance à Burgos, dans l’Espagne franquiste, entre un père garagiste et une mère couturière. Il revient sur son éducation catholique et son initiation à la philosophie, sa filiation avec les écrits de Jean Genet et Michel Foucault, sa libération à Madrid puis à New York à l’occasion de la découverte de la culture queer et d’identités dissidentes, sa transition de femme à homme trans, son admiration pour Annie Sprinkle, Leslie Feinberg et Barbara Hammer qui l’ont aidé à devenir l’homme qu’il est aujourd’hui, la révélation qu’a représenté pour lui le cinéma d’Antonioni et de Pasolini, deux réalisateurs qui ont bouleversé son rapport à l’espace et au corps.

En novembre 2019, Paul Preciado s’exprime devant 3500 psychanalystes lors des journées internationales de l’Ecole de la Cause Freudienne à Paris. Devant la profession qui l’a diagnostiqué « malade mental » et « dysphorique du genre », il s’appuie sur Kafka et son Rapport pour une académie, dans lequel un singe parlant discourt devant une assemblée de scientifiques. Paul B Préciado en a tiré un livre : Je suis un monstre qui vous parle.

La discipline immunitaire : surveiller ou exclure ? Et si les gestes quotidiens que nous faisons pour nous protéger du coronavirus étaient autant de dispositifs de surveillance ? Et si la tentative de maîtriser une épidémie ne pouvait se faire sans l’imposition d’une discipline dont le but serait certes de guérir, mais aussi d’exclure ?

Lexique

Source : Les Couilles sur la Table, Binge Audio.

Épistémologie de la binarité : Remise en question du fonctionnement binaire de la société.

Binarisme / binarité de genre : classification de l’identité de genre en deux catégories distinctes et hiérarchisées : le masculin et le féminin. Ce discours dominant est porté par les institutions médicales, juridiques, éducatives à travers un ensemble de représentations, de pratiques et de discours normatifs.

Régime de différence sexuelle : système binaire de différenciation et de hiérarchisation entre hommes et femmes basé sur leurs différences biologiques, supposées justifier les inégalités de genre.

Biopolitique : forme d’exercice du pouvoir qui porte sur la vie des individus d’un point de vue physique, politique, social. Cela passe par, entre autres, par l’assignation des corps des individus à des rôles politiques au sein de la société : les corps des femmes sont assignés à un rôle reproductif, etc.

Appareil de vérification : ensemble de systèmes, de protocoles qui permettent de valider le caractère masculin ou féminin d’un corps. Ils peuvent être médicaux (opérations, traitements imposés aux personnes intersexes), administratifs (papiers d’identité qui n’admettent que deux sexes), etc.

Œuvres :

 

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